Nos Expos, nos ‘zamours…

Il y a des moments de notre enfance qui ne s’oublient pas. J’ai une image gravée dans ma mémoire : la première fois que je suis entré au Stade Olympique, à Montréal, pour y voir un match des Expos. J’avais 7 ou 8 ans, en compagnie de mon père et de l’un de ses amis (on s’était même rendu au match en Trans-Am noire – le p’tit gars que j’étais capotait ben raide!). J’étais déjà gros fan de baseball, écoutant les Expos à la radio (CHNC, AM610, avec Rodger Brulotte et Jacques Doucet, bien sûr), alors de les voir en personne représentait toute une expérience. Mais ce qui m’est resté, c’est l’impression visuelle que ça m’a fait. Nos sièges étaient au niveau 600, derrière le marbre. En sortant du tunnel de béton pour accéder à nos places, j’ai figé devant le vert frappant du gazon synthétique, l’immensité du Stade, l’écran géant… Tout était tellement plus gros que ça ne paraissait à la télé. J’étais bien loin du terrain de balle de Robertville.

C’était en ’79 ou ’80 – les grosses années. J’ai vu Carter, Raines, Dawson, Cromartie, Reardon… Un rêve, j’vous dis. Et, parce que la vie m’a gâté (ben, mon papa aussi :-D), je m’y suis retrouvé souvent, au Stade. Très souvent. Parmi mes plus beaux souvenirs :

– Assis avec mon cousin, René, chacun une feuille d’alignement pour marquer le match, armés de gants pour attraper des fausses balles (jamais!);
– Les hot dogs du Stade – des bonnes Hygrade steamées;
– Voir Raines et Dawson frapper chacun un circuit dans le même match contre les Dodgers (en 1984?);
– Serrer la main de Youppi;
– Voir un match plate contre les Padres avec Johanne, en 1998, mais se divertir avec les autres fans qui parlaient de Vladimir Guererro, prononçant son nom «Gué-ré-rausse» – magique;
– Assister à des matches avec plus de 50000 fans!

Quand j’avais 9-10 ans, j’écoutais vraiment les matches au complet à la radio. Mais comme je devais me coucher avant la fin de la partie, j’en enregistrais le reste sur cassette pour l’écouter le lendemain matin. Fan fini! Mon amour pour les Expos en était évidemment un pour le baseball lui-même. Il me semble y avoir deux raisons principales pourquoi je me suis tant accroché au baseball :

– C’est un sport individuel déguisé en sport d’équipe. C’est-à-dire que le match est formé de performances individuelles (lanceur, frappeur) qui viennent contribuer à une victoire, ou à une défaite, d’équipe. Un bel équilibre.
– Je suis maniaque de mathématiques, de nombres… or, le baseball étant un sport relativement lent, les commentateurs et analystes doivent remplir les temps morts avec des statistiques, souvent très spécifiques (peut-être même trop, hein Johanne?).

En 2002, des amis et moi nous sommes organisés un voyage pour aller voir les Expos en ce qui risquait fort d’être leur dernière saison. Mais ils étaient encore là en 2003, alors nous y sommes retournés. Même chose en 2004. Mais cette fois-là, c’était vraiment la dernière. La vie m’a offert quelque chose que je n’avais pas encore vu en direct. Le 19 juin 2004, contre les White Sox de Chicago, Juan Rivera des Expos a frappé deux circuits, dont un grand chelem, dans la même manche! Un exploit réalisé moins de 60 fois dans toute l’histoire du baseball majeur. (Merci, baseball-reference.com) Content d’avoir pu y assister… Content aussi que j’aie pu voir ça avec de bons amis.

Dès la fin de la saison 2004, le déménagement des Expos a été annoncé (à Washington, où ils évoluent toujours sous le nom de Nationals). J’avais le cœur brisé. Je repensais à mes idoles de jeunesse, les Raines, Carter, Wallach, Speier, Pedro et compagnie. Mais, surtout, je repensais à tous ces matches vécus avec mon papa à mes côtés, et j’étais démoli de réaliser que je ne pourrais pas répéter l’expérience un jour avec mes enfants.

C’est à ce moment que j’ai beaucoup décroché du baseball. Je m’y réintéresse un peu ces dernières années, via les Blue Jays de Toronto, mais c’est loin d’être la même chose. Je ne crois pas que mon cœur vibrera jamais à nouveau aussi intensément pour le baseball qu’il ne l’a fait à l’époque des Expos. À moins qu’ils ne reviennent un jour

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Une réflexion au sujet de « Nos Expos, nos ‘zamours… »

  1. Je suis juste allée au Stade une fois et je m’en rappelle très bien. Mais mes motivations n’étaient pas les mêmes que les tiennes. J’avais un gros crush sur Tim Wallach pis, miracle, on était assis juste derrière le troisième. Oh bonheur!

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